Tnp – salle Jean Vilar
Mont Viso, espace de frontière ou espace libertaire ? (cours non publié en ligne pour des raisons techniques)
Point culminant de ce qu’il est convenu les « Alpes du Sud » avec ses 3 841 m d’altitude, le Mont Viso (ital. Monviso, occ. Visol) est un symbole emblématique de la région, particulièrement visible et repérable depuis la plaine du Pô (d’où son nom inspiré du latin vue/vision).
Il est situé en territoire italien ainsi que la plupart des crêtes alentours qui portent des noms variés sinon intrigants (Tuckett, Dante, Trento, Cosica, Bastia, Ajaccio…). Ces deux éléments, topographiques et toponymiques, attirent l’attention sur la complexité de sa géohistoire. Sa situation frontalière révèle les tensions entre centralismes (côté français ou italien), autonomie locale (appartenance de 1343 à 1713, aux communautés briançonnaises composées d' »hommes libres francs-bourgeois », partage issu du traité d’Utrecht en 1713, unité italienne 1860-1870) et espace refuge (Vaudois, protestants, Résistance…).
La variété linguistique (on parle français, occitan, piémontais et italien selon les vallées) montre combien les habitants ne rentrent pas dans les canons français ou italiens de l’identité nationale. L’alpinisme croissant à partir du XIXe siècle (première ascension en 1861) révèle des contradictions entre ses différentes facettes esthétiques, naturalistes ou nationalistes.
De nos jours, la frontière qui aurait dû s’effacer dans le cadre de l’Union européenne retrouve de la violence avec la mort de migrants sur certains versants, mais la solidarité transfrontalière s’organise.
Philippe Pelletier, université Lyon 2, UMR 5600 Environnement, Ville, Société.
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